La petite histoire du succès du ninja orange
Naruto est un manga écrit par Masashi Kishimoto entre 1999 et 2015 pour un total de 72 tomes chez Kana. Il possède une édition grand format chez Hachette en 37 tomes datant de 2020 et l’édition Hokage de Kana en 36 tomes.
Il a été adapté en anime pour un total de 720 épisodes, entre 2002 et 2017, le tout sans OAV et films.
On ne compte pas moins de 38 adaptations en Jeux-vidéo.
La saga est poursuivie par Boruto, terminé en 20 tomes malgré une reprise de Kishimoto sur les 7 derniers tomes, ainsi que par une ribambelle de spin-off aux ambiances variées.
Manga – DATA
Titre Japonais :
Auteur :
Année de sortie :
Nombre de tome :
Éditeur :
Type :
Scénario du manga Naruto
ATTENTION, si vous n’avez pas fini la saga, cette article risque de vous spoiler.
Prologue (Tome 1)
Naruto est un gamin à problème du village de Konoha. Il enchaîne bêtises, disputes et échecs scolaires, tout en clamant haut et fort qu’il sera le prochain Hokage. Orphelin, la majorité du village le regarde froidement, le considérant comme un monstre. Mais si certains ne souhaitent que son bien, d’autres voudraient le voir s’éveiller… La voie du ninja est semée d’embûches !
Le début d’un grand classique via un personnage à l’intelligence relative, à la discipline discutable, mais à la motivation inflexible. Si c’est loin d’être la partie de l’histoire la plus cohérente, c’est avant tout celle avec les présentations de personnages les plus marquantes. C’est encore assez balbutiant, mais on ressent particulièrement tout l’amour et l’énergie que Masashi Kishimoto souhaite transmettre à ses personnages.

Arc du pays des vagues (Tome 2 – 4)
L’équipe 7 composée de Kakashi, Naruto, Sakura et Sasuke se rend au pays des vagues pour y escorter Tazuna, un spécialiste de la construction de pont. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que celui-ci s’était mis un homme d’affaires véreux à dos. S’ils veulent réussir leur mission, ils devront vaincre Zabuza et Haku !
Parmi les missions en dehors du village, l’arc du pays des vagues fait sans conteste partie des meilleurs. L’équilibre des forces est juste, permettant aux héros de se donner à fond sans pour autant être parasité par le niveau supérieur de Kakashi. Haku et Zabuza sont des personnages intéressants, travaillés et donnant une vrai plus value à leur rôle de « méchant ». Après quelques péripétie pendant lesquels nos héros vont apprendre à utiliser leur chakra, nous avons le droit à un excellent combat final, bien rythmé et à l’action très efficace. Un souvenir indélébile qui va même hanter Kishimoto pendant longtemps…

Arcs de l’examen Chûnin (Tome 5 – 16)
Malgré l’avis de Gaï, qui pense qu’il est trop tôt pour soumettre les élèves à une telle épreuve, Kakashi, Kurenai et Asuma décident de présenter leurs élèves à l’examen des Chûnin. L’équipe 7, accompagnée des autres élèves de Konoha, mais aussi de ninja d’autres pays devront se confronter à une suite d’épreuves mettant leurs compétences à l’épreuve. Mais dans l’ombre, Orochimaru complote quelque chose et s’intéresse particulièrement à Sasuke… Le village caché de Konoha serait-il visé ?
Un troisième arc des plus marquants. De nouveaux personnages très différents de ceux dévoilés jusqu’à présent, le tout mis en scène avec beaucoup plus de gravité qu’auparavant. Les combats sont très inspirés et particulièrement marquants, autant pour le lecteur que pour l’auteur.
On notera toutefois que Kishimoto découvre quelques techniques pour remplir ses pages sans avoir à en dessiner la totalité… On ne bascule pas encore dans le remplissage, mais l’excuse de la réalisation ne tiendra pas bien longtemps… Il s’agit de l’arc le plus long et accessoirement, de l’un des plus intéressant de la saga. Les rebondissements sont nombreux, les flashbacks encore acceptables et les combats plutôt inspirés. Ce n’est pas forcément le cas de tous…
Arc de la recherche de Tsunade (Tome 17 – 19)
Le 3me Hokage est mort, emportant avec lui les bras d’Orochimaru. Il faut lui trouver un remplaçant. Sasuke, toujours à l’hôpital, est pris pour cible par Kabuto, traître au service du déserteur du village. Kakashi, censé s’occuper de l’entraînement de Naruto, décide finalement de laisser Jiraiya, le 3me ninja légendaire, s’occuper de lui. Le surnommé l’ermite pervers, pressenti pour devenir hokage à la place de son défunt maître, décide de partir avec Naruto à la recherche de Tsunade… Parviendront-ils à la convaincre de devenir le nouvel hokage ?
Un arc qui change des précédents, permettant à Kishimoto de reprendre une bonne bouffée d’inspiration après un arc long et compliqué. L’occasion de s’attarder sur les ninja de la légende et de mettre en avant l’esprit shonen de Naruto. La finition laisse parfois légèrement à désirer et les notions d’espace sont inexistantes, mais l’ensemble se tient bien.

Arc de la récupération de Sasuke (Tome 20 – 26)
Naruto et Sasuke se sont battus. Ce premier ne peut que constater que peu importe ses progrès, Naruto progresse plus que lui. Les 1000 oiseaux ne lui offrent plus une puissance offensive suffisante pour lui assurer la victoire contre son adversaire de toujours. S’il veut plus de puissance, il n’a pas le choix, il doit se tourner vers Orochimaru et sa marque maudite. Mais ses camarades ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien le récupérer. Naruto parviendra-t-il à convaincre Sasuke de retourner à Konoha ?
Une mise en place plutôt orientée dramatisme qui, malgré son côté bancal, justifie le départ de Sasuke. Le reste de l’arc est surtout là pour rappeler au combat des personnages comme Shikamaru, Choji ou encore Shino, le tout avec une mise en scène discutable et une façon de présenter la chose particulièrement artificielle. Si on est loin des combats de l’arc de l’examen Chûnin et que l’on observe que les flash back deviennent de plus en plus envahissants, on peut au moins profiter des deux derniers combats, très bien réalisés.
————— SHIPPUDEN —————
Arc de la jeunesse de Kakashi (Tome 27)
Kakashi se remémore sa jeunesse avec Rin et Obito, ses deux camarades dans l’équipe 7 gérée par Minato, le 4ème Hokage. L’occasion de se souvenir de celle qu’il voulait protéger, de celui qui l’a protégé et de comment il a obtenu son sharingan au cours de la guerre…
Un arc introduit de façon brute et hasardeuse. Il y a de l’espace, on le met là. Ni plus, ni moins. L’occasion d’enchaîner les flashback et redonner un peu de crédibilité à des personnages populaires. Les finitions et la mise en scène sont discutables, si bien qu’on sent presque l’obligation derrière cet arc. Dommage, bien travaillé, la mise en avant de Kakashi aurait pu être bien plus intéressante que celle de Naruto lui-même…

Arc du sauvetage du Kazekage (Tome 28 – 31)
Plusieurs années ont passé. Gaara est devenu Kazekage a la place de son défunt père. Mais alors qu’il s’échine à redonner ses lettres de noblesse au village qui l’a considéré comme un monstre toute sa vie, il est pris pour cible et enlevé par Akatsuki, qui en a visiblement après Shukaku, le démon qu’il abrite. Le village du sable appelle un escadron de leurs alliés de Konoha à la rescousse… Parviendront-ils à ramener le Kazekage vivant ?
Introduction d’Akatsuki, d’un autre pays et de nouveaux personnages, tout en récupérant les traits laissés dans l’arc de l’examen Chûnin. Le programme est chargé pour cet arc qui n’est finalement pas bien long. Si les combats sont nombreux, le seul qui soit réellement intéressant est celui de Sakura. On notera que le sable permet de rendre la finition très rapide… Une astuce que va noter Kishimoto !
Arc de Saï et du pont Tenshi (Tome 32 – 34)
Danzo sent qu’il a enfin une chance de devenir Hokage. Mais pour ça, il doit encore renforcer l’influence de la racine. Pour ça, il a bien l’intention de participer à sa façon à la capture du traître Sasuke, en envoyant son subordonné : Saï. Celui-ci se retrouve donc à rejoindre l’équipe 7, malgré le peu de sympathie et de confiance que lui accorde Naruto. Mais les choses sont plus compliquées que prévu… L’équipe a une chance de coincer Orochimaru, mais Naruto ne parvient pas encore à maîtriser son démon renard…
Saï sent malheureusement comme une tentative de trouver à Naruto un nouvel équilibre en l’absence de Sasuke. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est bancale. La tenue de la trame est gérée via le comportement de Sakura, les réactions de Naruto manquent de sens et Kakashi se retrouve en retrait, loin de ce que ses capacités lui permettent réellement. Un arc très artificiel, avant tout là pour gagner du temps sur le retour d’un Sasuke avec 2 ans de plus. De quoi se demander à quoi à servi l’ellipse de Naruto…
Arc des missions d’Akatsuki d’Hidan et Kakuzu (Tome 35 – 38)
Naruto ayant compris qu’il n’était pas encore assez fort pour affronter Sasuke, il décide de reprendre l’entraînement. Cette fois, c’est Kakashi qui s’en occupe. Il lui fait part de sa découverte : l’utilisation du multi-clonage pour apprendre jusqu’à 1000 fois plus vite à utiliser correctement son chakra.
De leur côté, le Ino-chika-cho et Asuma sont sur les traces de Hidan et Kakuzu, deux membres particulièrement dangereux d’Akatsuki, visiblement en route pour Konoha. L’affrontement promet de mettre leurs compétences à rude épreuve… Parviendront-ils à tenir jusqu’à l’arrivée des renforts ?
Introduction de nouveaux personnages chez Akatsuki et utilisation d’un trio bien défini, mais très peu mis en avant. L’occasion parfaite pour mettre Shikamaru au centre de la scène, avant de transformer tout ça en faire valoir pour Naruto, qui vient d’apprendre en quelques jours bien plus qu’en 2 ans à voyager avec Jiraiya… Un arc qui sonne faux… Dommage d’avoir mis autant de choses en place pour les régler par de la puissance brute en quelques pages !

Arc de la poursuite d’Itachi (Tome 38 – 43)
Cette fois, il est prêt. Après toute ses années, Sasuke est enfin prêt à accomplir sa vengeance contre Itachi. Mais pour ça, encore faudrait-il pouvoir l’attraper. Mais de nombreuses forces semblent surveiller cet affrontement… Parviendra-t-il à, enfin, se venger ? Les forces de Konoha le trouveront-elles avant ?
Un arc découpé d’une façon assez chaotique… On se retrouve à suivre les restes d’Orochimaru, le combat de Sasuke contre Akatsuki aux portes de Konoha (qui le recherche, mais qui ne parvient à percevoir sa présence malgré les explosions…), l’enquête de Jiraiya sur Pain et enfin, le combat de Sasuke contre son frère, Itachi.
Le tout passe de l’un à l’autre sans trop de raison, ni même d’échelle de temps ou d’espace. Les flashbacks sont quasi omniprésents, souvent là pour occuper quelques pages et compenser une réalisation un petit peu molle. On ne va pas se le cacher, ça ne fonctionne pas très bien…
Les choix scénaristiques sont souvent discutables et sentent le bricolage de dernière minute. Nos héros commencent à obtenir des pouvoirs sans réelles raisons ou explications, et le tout sonne comme une surenchère constante de puissance qui se conclut par une sorte de flop désagréable.
Arc de l’invasion de Pain (Tome 44 – 48)
Les membres d’Akatsuki sont décimés, mais ils sont parvenus à obtenir 7 des 9 démons. Alors que Jiraiya vient de se sacrifier en mission ultra-secrète pour parvenir à comprendre qui était derrière la plus puissante des organisations criminelles, Pain débarque à Konoha et détruit en très grande partie le village, surclassant la majorité des ninjas sur place. Naruto, encore en entraînement pour maîtriser le pouvoir des ermites du mont Myoboku, arrivera-t-il à temps pour sauver son village ? Sera-t-il assez fort pour vaincre Pain ?
Le titre prend le temps de nous réexpliquer les bases du ninjutsu pour la 4ème fois, avant de repartir dans un nouvel entraînement, occasion de placer quelques scènes comiques, puis d’interrompre le tout avec l’arrivée des Pain à Konoha. Si les péripéties des combats ne sont pas bien inspirées, on retrouve enfin la passion shonen du début dans un des meilleurs combats de la saga : Pain contre Naruto.
Après autant de combats artificiels, cela fait du bien de retrouver enfin un combat de fond, qui oppose des idées et des pouvoirs. Cela amène à une première conclusion logique, qui aurait aussi bien pu être la fin de Naruto…

Arc du sommet des cinqs Kage (Tome 48 – 52)
La situation est grave. Konoha est dévasté malgré la défaite de Pain. Toutefois, la menace perdure avec la réapparition de celui qui avait affronté le premier Hokage : Madara. En urgence, les Kage se rassemblent dans le pays du fer pour convenir d’une alliance. Parviendront-ils à s’entendre afin de faire front et de protéger les deux derniers possesseurs de démon à queue ? Tsunade étant toujours dans le coma, Danzo est enfin parvenu à ses fins. Mais Sasuke est sur ses traces, bien décidé à faire payer le chef de la racine…
Un arc four tout dans lequel on mélange flashback et révélation sur Konoha, informations sur les autres pays, combats en flashback, flashback sur les possesseurs de démons… Autant de micro-arc laissé en suspens, comme un appel du pied à l’adaptation anime afin de créer des arcs fillers. C’est assez flagrant pour être ridicule, en plus d’être long et peu inspiré.
Les échelles de puissances sont hasardeuses et les combats tellement segmentés que les actions réelles sont ridiculement peu nombreuses. Une transition plus que passable qui a surtout pour but de déclarer à nouveau, de façon artificielle, que Sasuke est plus fort que Naruto et que ce dernier reste un crétin de première.
Arc de la maîtrise de Kyûbi (Tome 52 – 54)
Naruto est envoyé sur une île mystérieuse pour une mission de premier ordre : faire une liste des animaux présents. Accompagné des ninjas de premier ordre, il y fait la connaissance du plus expérimenté des possesseurs de démon : Killer Bee. Celui-ci parviendra-t-il à lui apprendre à utiliser correctement le chakra de Kyubi ?
Un arc entre remplissage et flashback, le tout entre-coupé de personnages qu’on ne reverra jamais, évoquant des actions qu’on ne verra que dans les fillers de l’anime. Si la partie sentimentale est présente, malgré son manque d’expression, on notera toutefois que Kishimoto utilise au maximum sa capacité à relier les flashback entre eux avec d’autres flashback. Pendant ce temps, la situation n’avance pas… Long !

Arc de la 4ème grande guerre Ninja (Tome 55 – 63)
Cette fois la guerre est déclarée. Les villages de ninja se sont rassemblés sous une seule bannière pour protéger Naruto et Bee afin d’éviter ni plus ni moins que la fin du monde. Tous ensemble, ils affrontent des hordes de zetsu blanc, clones de mauvaise facture du premier hokage, ainsi que des combattants légendaires ramenés à la vie par Kabuto grâce aux techniques d’Orochimaru, les rendant indestructibles.
Mais au milieu de tout ceci, Madara Uchiha est sur le point de faire son apparition. La coalition ninja parviendra-t-elle à limiter les pertes face à un ennemi aussi colossal ? Naruto et Bee resteront-ils dans leur coin ?
9 tomes de tentatives de Kishimoto de narrer des évènements qui se passent à plusieurs endroits en même temps, le tout entre-coupé de flashback, de personnages fillers, des combats qui le hantent depuis maintenant des années, et de héros qui avancent peu. Comme on peut s’y attendre, c’est aussi long que bordélique.
Les personnages sont trop nombreux, trop différents et envahis par un passé qui n’a rien à faire au milieu d’une scène d’action. On est sur tous les fronts, si bien que l’on avance jamais nul part. Tout est fait à coup d’ellipse ou de raccourcis sans logique. C’est long, désagréable et surtout assez scandaleux quand on sait que les gens attendaient des mois pour savoir comment allaient évoluer les évènements. On sent Kishimoto nostalgique de ses premiers tomes, ce qui ne rend la comparaison que plus désastreuse. Les personnages sont certes surpuissants, mais les combats n’ont plus de saveurs.
Arc de la renaissance de Jûbi (Tome 64 – 68)
Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que Naruto et Bee, de retour sur le continent, entrent en confrontation avec le dernier membre d’Akatsuki encore actif et se faisant appeler Madara. Celui-ci leur oppose une version primaire de Jûbi, possédant déjà le chakra des 9 démons, mais cherchant à les absorber tous totalement afin de renaître. L’aide de Gaï et Kakashi sera-t-elle suffisante pour contrer les plans de celui qui tire les ficelles : Obito ?
Finalement, toute la 4me grande guerre ninja n’a pas servi à grand-chose, puisque Jûbi a malgré tout été invoqué… Le combat est enfin ramené sur un seul front, si bien qu’on pourrait s’attendre à ce que ce soit mieux… Mais non !
Le titre se met à vomir sa toute puissance à qui veut bien la lire, se retrouvant avec un nombre de personnages ahurissant au même endroit. Après quelques tentatives de drame à la mise en scène particulièrement grossière, on se retrouve pris dans un enchaînement de flashback, reliant l’ensemble actuel aux arcs explicatifs précédents, le tout avec une exactitude qui ne demande qu’une chose : qu’on ne gratte pas trop.
Les personnages se mettent à apprendre des techniques miraculeusement et chacun fait plus ou moins ce qui arrange pour le scénario ou la simplicité des planches… Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est long ! Heureusement que Gaï est là pour mettre un peu de rythme…
Arc de Madara (Tome 68 – 70)
Jûbi vient de renaître. Grâce à son lien avec lui, Obito est parvenu à obtenir un fragment des pouvoirs de l’ermite Rikudo. Mais alors que Sasuke vient d’arriver et que les plus puissants des ninja se cassent le nez sur la toute puissance de leurs deux derniers ennemis, Madara se décide à leur révéler son véritable plan… De l’autre côté du continent, un ninja décide qu’il est grand temps de rappeler Orochimaru, leur seul à pouvoir faire basculer la balance dans cette situation plus que précaire. Parviendront-ils à arrêter le projet œil de Lune ?
Malgré un retour de personnages qu’on aurait du voir beaucoup plus tôt, les choses n’en sont pas plus rapides. Après un dernier retournement, on ne cherche plus qu’un final et un retour à un semblant de normal. Mais ici, l’action traîne, se justifie sans cesse par des flashback incessant et fait tout pour gagner des pages, des chapitres et des tomes. Il s’agirait d’arrêter de se moquer des lecteurs…

Arc de Kaguya Otsutsuki (Tome 70 – 72)
Le projet œil de Lune s’est soldé par un succès. Le monde est sur le point d’être transformé à tout jamais par une entité venu des temps anciens et soutenu par Zetsu noir : Kaguya Otsutsuki.
Mais l’équipe 7 et leurs quelques compagnons, plongés dans une dimension parallèle, ont bien l’intention de ramener le monde à son état actuel. Heureusement, la destinée leur permet de rencontrer l’ermite Rikudo en personne…
Vous pensiez en avoir fini ? Et non ! Un arc qui sent fort l’ajout au dernier moment, attribuant à nos personnages des pouvoirs qui n’ont plus aucun sens, le tout dans un vomissement de puissance sans échelle et une finition oubliée. De tous, c’est sans conteste l’arc qui a le moins sa place dans la saga.
Conclusion (Tome 72)
Le monde est sauvé. Les morts sont nombreux, les villages en partie ravagés, mais nos héros sont saufs. Toutefois, un élément oppose encore Sasuke et Naruto : qui sera le prochain Hokage. Destinés à s’affronter, ils se retrouvent sur les lieux de leur premier vrai combat malgré les pleurs de Sakura. Qui l’emportera ?
Le monde est sauvé ! Mais alors que tout le monde pourrait juste rentrer chez soi, se soigner et reconstruire tout ce qui a été rasé, Naruto et Sasuke ne sont pas d’accord. Ils veulent savoir qui est le plus fort pour… Absolument aucune raison particulière, puisqu’ils viennent de démontrer qu’ils peuvent aller contre leur destin.
Un affrontement au même niveau que les précédents, le tout juxtaposé de Sakura qui pleure (encore) et conclu par… L’introduction de Boruto. Une vaste blague dans laquelle on peut comprendre le sacrifice de la saga Naruto tout entière au profit d’une suite commandée par le shonen Jump pour faire durer un titre déjà bien trop long et à bout de souffle.
La conclusion de Naruto : notre avis
Mais du coup… Naruto, c’est bien ou pas ? Oui et non.
Les premiers arcs font véritablement partie des meilleurs shonen que j’ai lu et que je lirais très probablement dans ma vie. Si les finitions ne sont pas toujours parfaites, on retrouve l’esprit qui sait enflammer l’âme, que ce soit dans les combats, les entraînements ou même la mise en place de ceux-ci.
C’est l’univers qui justifie les combats et pas le contraire.
Particulièrement mu par la passion et l’envie de faire le meilleur manga shonen possible, dans la plus pure lignée d’Akira Toriyama dans son âge d’or, Masashi Kishimoto fait resplendir son style, tout en étant un pionnier du dessin digital. Une ligne qui parvient à toucher le lecteur et à enflammer son âme au rythme des vociférations gueulardes de son héros en combinaison orange.
Mais tout change avec les débuts de l’adaptation anime dont on a déjà parlé… Le rythme s’accélère, les besoins sont différents et il faut penser à tout le monde. C’est cette rupture que l’on sent, qui par ailleurs est la même que celle de Dragon Ball. Kishimoto vend clairement des personnages au Shonen Jump comme étant des bases à travailler dans l’anime, en plus des multiples techniques pour gagner du temps et rester dans la course au shonen le plus populaire.
Malheureusement, les années passant, la passion s’efface, la flamme s’évapore et l’ensemble s’empattent. Les finitions sont souvent les mêmes, les flashback deviennent une caricature, les personnages manquent de profondeur ou agissent de façon illogique… Et enfin, les derniers arcs pourraient être résumés en quelques pages tant les évènements qu’ils racontent n’ont pas d’incidence sur l’action réelle, réglée en quelques dizaines de pages. Le tout sans conclusion, puisqu’il va devoir introduire une suite, qui fera par ailleurs rire autant les fans que ceux qui ont déjà abandonné le ninja de leur enfance.
Et moi ?
Naruto fait assurément partie de mon adolescence, que ce soit en anime ou en manga. C’est un shonen qui m’a introduit le genre et donné de bonne base, à l’instar de ce qu’était Dragon Ball 15 ans plus tôt. Je n’ai toutefois terminé la saga que récemment et je dois dire qu’il y a vraiment deux vitesses. J’aime autant le début de cette histoire, que j’en déteste la fin.
Parfois, il y a des manga qui sont bien mieux à laisser dans les souvenirs…





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